← Retour aux contributions

Une voix du terrain

Économie et travail Paris (75) n° C-RWBD-JKD8

Ce qui ne va pas

Les agriculteurs devraient pouvoir vivre dignement de leur travail et de leur production, sans dépendre constamment des aides publiques. Pourtant, leurs coûts de production — semences, engrais, carburant, matériel et foncier — augmentent, tandis que leur pouvoir de négociation face aux acheteurs reste limité. Ils peuvent ainsi vendre davantage sans améliorer réellement leur revenu. Les aides publiques permettent à certaines exploitations de tenir, mais elles ne règlent pas le problème de fond : l'écart entre le coût réel de la production et le prix payé à l'agriculteur. Elles rendent les exploitations dépendantes de décisions politiques susceptibles d'évoluer. Il faut donc réfléchir à un modèle dans lequel la valeur du travail agricole est mieux préservée, où les producteurs disposent de davantage de liberté économique et où leur revenu ne dépend pas uniquement de prix exprimés en monnaie dont le pouvoir d'achat peut diminuer.

Ce qui est proposé

Développer et expérimenter des moyens d'échange complémentaires permettant aux producteurs de mieux préserver la valeur de leur travail. Le JOB est une piste : une unité de compte définie par un poids fixe d'argent fin, destinée à exprimer la valeur des biens et des services dans une unité qui ne puisse pas être diluée par une simple création monétaire. L'objectif serait de permettre aux agriculteurs qui le souhaitent de chiffrer leur production en JOB, de réaliser des échanges directs avec d'autres producteurs, des artisans, des fournisseurs ou des clients, et de conserver une partie de leur épargne dans cette unité de valeur. Cette démarche devrait commencer à petite échelle, sur la base du volontariat, avec des transactions simples et transparentes. Il faudrait également clarifier les garanties, les modalités de conversion, les risques et le cadre juridique applicable. L'objectif n'est pas de remplacer immédiatement l'euro ni de supprimer toutes les aides, mais d'expérimenter une solution complémentaire qui donne davantage d'autonomie aux producteurs et contribue à mieux préserver la valeur de leur travail.

— David Jefferson