Ce qui ne va pas
Bonjour, je pense que beaucoup de personnes sont aujourd’hui déconnectées de leur alimentation et des réalités de la production agricole. Lorsque j’ai commencé à jardiner, il y a 5 ou 6 ans, j’ai été surprise d’apprendre qu’il fallait parfois près de 8 mois entre le semis et la récolte d’un chou ! Cela me paraissait incroyable. J’ai alors pris conscience du temps, du travail et de la patience nécessaires pour produire notre nourriture. Lorsque mon chou est enfin arrivé à maturité, il était bien plus qu’un simple légume : c’était une fierté, presque un cadeau ! Cette expérience m’a appris à regarder autrement ce que nous mangeons, à mieux comprendre les difficultés rencontrées par les producteurs et à reconnaître la juste valeur de leur travail. Depuis, je mesure aussi tout le bonheur que le jardin peut apporter. Aujourd’hui, en tant que présidente d’une association de jardin collectif, et grâce aux liens que je tisse avec des producteurs locaux, j’aimerais contribuer à reconnecter le plus grand nombre à la terre, à l’agriculture et à notre alimentation.
Ce qui est proposé
Je suis récemment entrée en contact avec une association toulousaine, les Ateliers Icare, qui porte une idée que je trouve particulièrement intéressante : « 4 jours au bureau, 1 jour à la ferme », un concept qu’elle nomme la polyactivité choisie. L’idée est de permettre à des salariés qui le souhaitent de consacrer une journée par semaine à une activité agricole, en complément de leur emploi habituel. J’y vois une belle opportunité de créer du lien entre deux mondes qui se côtoient peu : celui des salariés et celui des agriculteurs. D’un côté, des personnes pourraient retrouver du sens, se reconnecter au vivant, exercer une activité physique et bénéficier des bienfaits du travail en plein air. De l’autre, des agriculteurs pourraient recevoir un soutien concret, partager leurs savoir-faire et voir leur métier davantage reconnu et valorisé. J’aimerais contribuer à faire connaître cette initiative et à encourager son développement, car elle me semble répondre à plusieurs enjeux à la fois : le bien-être au travail, le lien social, la transmission des savoir-faire et le soutien à une agriculture qui a besoin de bras et de reconnaissance.
— STEPHANIE BRU