← Retour aux contributions

Une voix du terrain

Économie et travail Ariège (09) n° C-CW7Z-LD38

Ce qui ne va pas

Notre société répartit la richesse davantage selon la rentabilité économique que selon les besoins humains. Des métiers pénibles et indispensables restent mal rémunérés, tandis que des activités très lucratives captent une part disproportionnée des richesses. Pour vivre, chacun doit vendre son temps, parfois au détriment de projets artistiques, éducatifs ou collectifs qui ont pourtant une valeur sociale réelle. Cette logique encourage la production et l’accumulation sans fin, même lorsque celles-ci dégradent les conditions de vie et les ressources naturelles. Le problème n’est pas que l’argent existe, mais qu’il conditionne trop fortement l’accès au logement, à la sécurité, au temps libre et à la possibilité de contribuer à la société autrement que par un emploi rémunéré. Une société riche devrait se juger à la liberté dont disposent ses habitants, à la qualité des liens qu’ils construisent et à leur capacité à répondre ensemble à leurs besoins, plutôt qu’à la seule croissance économique.

Ce qui est proposé

Nous proposons de garantir à chacun un socle de ressources et l’accès effectif aux besoins essentiels, notamment le logement, la santé, l’alimentation et l’éducation. Nous voulons instaurer des primes substantielles pour les métiers pénibles, dangereux, de nuit ou particulièrement contraignants, renforcer les protections et les effectifs, et financer les équipements qui réduisent la pénibilité. Nous proposons de réduire progressivement le temps de travail sans perte de revenu pour les bas et moyens salaires, de mieux partager les gains de productivité et de soutenir durablement les projets culturels, associatifs et éducatifs selon leur utilité sociale, plutôt que leur rentabilité. Ces mesures seraient financées par une fiscalité plus progressive sur les hauts revenus, les patrimoines importants et les profits, ainsi que par la lutte contre l’évasion fiscale. Enfin, nous voulons donner davantage de pouvoir aux travailleurs dans les décisions économiques et intégrer les limites écologiques aux choix de production. La richesse collective doit permettre à chacun de vivre dignement, de disposer de temps et de participer à des activités qui ont du sens, sans que sa survie dépende entièrement de sa valeur sur le marché.

— Jamil Gaspar