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Une voix du terrain

Éducation et recherche Yvelines (78) n° C-8SWT-2PVU

Ce qui ne va pas

Ma fille vient de terminer l'école primaire. Les fondamentaux (lire, écrire, compter) sont noyés dans une masse d'activités annexes (cinéma, sorties, cours de poney sur les heures du cours de maths, lutte contre la fast fashion...). Je ne suis pas contre ces activités, tant qu'elles sont pertinentes et apprennent quelque chose aux élèves, mais elles doivent rester en marge des fondamentaux. Les enfants arrivent en sixième en ayant le niveau de grammaire, de conjugaison, de mathématiques... que nous avions en CE2 (j'ai fait ma scolarité dans les années 90). La rigueur n'est plus la bienvenue. Les titres n'ont plus à être soulignés, la géométrie peut être faite à main levée, 20 fautes dans une dictée vaut un 93% en note (allez ensuite expliquer à votre enfant que son devoir n'est pas bon !) Pourtant, l'école peut exiger de la rigueur tout en restant bienveillante. Cela montre à l'élève qu'on attend de lui un certain niveau, car on l'en croit capable. Ce n'est pas au collège, où des tas d'autres problèmes surviennent (premiers amours, puberté, difficulté à trouver sa place...) que l'élève va réussir à monter son niveau de base s'il n'a pas sérieusement étudié les fondamentaux en primaire et acquis le goût de l'effort. Résultats : nous (parents) prenons le rôle de professeurs le week-end (dans la douleur et les larmes), tandis que les professeurs emmènent au cinéma et au poney. Je ne m'exprime que pour ce que j'ai observé, ce n'est peut-être pas général.

Ce qui est proposé

Faire de l'acquisition des fondamentaux la priorité absolue de l'école primaire. Les générations précédentes, aisées ou non, avaient un niveau bien meilleur car l'accent était mis là-dessus à l'école. Ma famille, issue de l'immigration post guerre mondiale, n'avait pas d'aide à la maison, ni de ressources pour étudier hors de l'école, comme beaucoup d'autres enfants à l'époque. Pourtant, ils ont acquis un niveau leur permettant de réfléchir par eux-mêmes et de mener leur vie. Pour les sujets annexes, il faut les replacer dans un contexte. La fast fashion, par exemple. Ne pas se contenter de culpabiliser les enfants. Expliquer pourquoi elle existe, pourquoi l'industrie textile a été délocalisée de France etc... Remettre le contexte, le bon sens, afin que les enfants puissent ensuite s'emparer des sujets. Pourquoi pas, leur apprendre à coudre ? Pour les enfants n'ayant pas la chance de pouvoir faire des activités à côté, ce n'est pas le rôle de l'école, mais plutôt des municipalités. Proposer des activités à bas coût pour les enfants de familles modestes, si ce n'est pas déjà le cas.