Ce qui ne va pas
Installé depuis 2012 en élevage laitier, fils d’agriculteurs, j’ai eu la chance d’observer de l’intérieur le vrai visage de l’agro-industrie. J’ai vu à quel point en s’installant on peut devenir des applicateurs d’ordonnanciers des grosses coopératives et industries ainsi que des loyautés familiales transmises...Nous sommes en rien des chefs d’exploitations. Le règne du capitalisme a rendu une grande partie des agriculteurs hors-sol, sans reliance avec le monde vivant ( qu’il soit végétale ou animal). Après de très lourds investissements à mon installation avec la construction d’une grande étable et robots de traite, j’ai très vite compris que j’avais construit ma prison. J’ai pris mes responsabilités car même si c’était par ignorance, j’avais moi-même signé et contractualisé avec les banques, coops, assurances, marchands de robots... J’avais une peine de 12 ans pour une partie et 15 ans pour l’autre correspondant à la durée de mes empreints. Durant cette peine, j’ai alors choisi de faire plein d’expériences pour un retour à l’autonomie et un reliance au monde vivant. Des expériences parfois totalement opposé à ce que l’on m’avait appris à l’école. Ma prison est devenue mon école. La vie m’a fortement bousculée avec divers événements sociaux, sanitaires sur mon entreprise, cela m’obligeant à me déprogrammer d’une grande partie de ce qu’on m’avait apris en école d’agriculture. C’est alors l’émergence d’un rêve de gamin: vivre dans un village gaulois
Ce qui est proposé
À partir de 2020, je commence à matérialiser mon rêve en voyant le monde romain qui m’entoure en stade avancé du cancer du capitalisme. Je commence à repartager le sol (170 ha) en installant une maraîchère, un apiculteur, un berger, un éleveur de chèvre, de vaches allaitantes, puis moi qui reste sur 8 ha avec forêt comestible, bambous géants, espace guinguette, les jardins du village. Cette multi-activité en AB ce fait nommé alors " Le Courtil des Possibles ". Puis ma grande étable se transforme aussi, ayant stoppé le lait pour rompre avec l’agro-industrie, celles-ci se transforme en éco-village. Le bâtiment a été vitré sur la prairie et des tiny-houses, yourtes, chalets s’y sont aménagés. Cela a permis d’intégré de nouveaux porteurs de projets : boulangère, pâtissière, éco-construction, artistes et bientôt le développement de l’accueil social/pédagogique ( accueil paysan). Pour permettre ce nouveau paradigme, il a fallut régulièrement utiliser le hors-pistes par rapport au système actuel. Celui-ci qui souvent ne permet pas d’expérimenter des concepts nouveaux plus résilient et plus durables. Me permettre à mainte reprises d’utiliser le hors-piste était pour moi une véritable façon de manifester mon désaccord avec le système dans lequel on vit qui va droit dans le mur. J’ai choisi de créer plutôt que de lutter. Depuis des années je travail le lien avec ceux qui m’entourent (famille/paysans/porteurs de projet/autres lieux alternatifs): C’est notre protection
— Jonathan Roulin